Et puis Matzneff (rama)...

Gabriel Matzneff sous la couverture... Grisaille et pluie toute la sainte journée.
* * *La populaire Rama Yade vient de lancer son blog (8 avril).
Dans la liste de ses liens, l'évidence UMP.
J'en jurerais, cette belle histoire finira bien au MODEM, voire au PS...
* * *
Rencontre avec Gabriel Matzneff, avant-hier, à la Librairie Kléber (Strasbourg), à l'occasion de la publication de son dernier ouvrage, Carnets noirs 2007-2008, chez Léo Scherr.
Un Matzneff fatigué et vieillissant, bafouillant et bredouillant plus qu'à l'accoutumée - Dieu sait si j'ai longtemps été séduit par le timbre de sa voix, son élocution et son éloquence -, qui, à l'invitation de Laurent Husser, le cire-pompes de service, est revenu sur sa "défense de Poutine", fustigeant, au passage, Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann pour qui, n'est-ce pas, il éprouve " de l'estime "...
De mémoire : " Les russes, ils sont quand même passés de Lénine, Staline et Brejnev à Eltsine et Poutine. Alors de qui se moque-t-on ? Allons-nous encore longtemps marcher sur la tête ? "
(Vrai qu'entre Staline et Poutine il n' y a vraiment pas photo ; cela va sans dire mais ça va mieux en le disant)
Certains dans la salle, dont moi, savaient et se souvenaient que les allemands, eux, sont passés de ce diable d'Hitler et de ce salaud d'Honecker à Adenauer et à Kohl...
(Entre Poutine, d'une part, et Kohl, d'autre part, il y aurait sans doute plus d' une photo à faire développer, non ?)
Passons, d'autant qu'il s'agissait ici d'écouter un " grand " écrivain, et non de phosphorer sur quelque position facile et futile, la tuyauterie intestinale certainement garnie de choucroute royale - j'aurais quand même surpris deux ou trois rots -, et encore moins d'explorer les obsessions de Laurent Husser, par ailleurs animateur de l'inénarrable blog La Droite strasbourgeoise (réfractaire à toute publicité intempestive dans mes colonnes, vous débusquerez le lien vous-même)...
À part ça, quelques sorties de Grabriel joliment troussées et fidèlement notées :
- " Ce que je n'écris pas, je ne le retiens pas. "
- " Moi, je ne suis athée qu'à mi-temps. "
- " Dans les dictionnaires du 17ème siècle, au mot "culture", on nous renvoie aux seuls pommes de terre, choux, carottes et navets. "
- " Nous ne sommes constitués que par notre passé. "
- " Quand on est écrivain, artiste, la modestie est une vertu à laquelle il ne faut recourir qu'avec parcimonie. "
Je vous épargne ses coups de gueule embourgeoisées relatifs, par exemple, à la presse féminine ou bien au tourisme de masse...
Passons.
Demeure son livre, ultime (et crépusculaire) livraison de son journal intime.
Certes, sous la couverture, il y a à boire et à manger, comme sous toutes les couvertures, mais, au total, il y a quelques pépites, et parfois de réels gisements. N'en demeure pas moins que Matzneff, voyez-vous, c'était mieux avant, avant quoi je n'en sais rien, peut-être avant les outrages de l'âge tout simplement...
Aussi bien, si l'irrépressible envie vous prend de rencontrer Matzneff en chair et en os, de grâce ne faites pas ce que j'ai fait ; à l'instar de Juan Asensio ou bien de Argoul, lisez-le seulement, et parions que ça suffira amplement.
À lundi.
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