" Il n'y a pas de suicides, il n'y a que des meurtres."
Elsa Triolet in Les Fantômes armés (La Bibliothèque Française, 1947)
Demain, nous serons le onze septembre.
À ce propos, c'est tout vu, un jour ou l'autre, et plus tôt que prévu, on finira bien par dire Onze Septembre comme on dit Onze Novembre...
Quelle histoire !
Justement, quelle histoire ?
Et demain, 11 septembre 2009, après lecture de cette note, sans doute aurez-vous une pensée pour Elsa Triolet, ne serait-ce que pour deux raisons : d'abord cette sublime citation - et je pèse mon épithète - accrochée en presque rouge sang, tel un cri de révolte, tout en haut de cette page blanche aux caractères noirs, ensuite la date anniversaire de sa naissance - en effet, demain, Elsa Triolet aurait eu 113 ans...
Au fait, ne trouvez-vous pas profondément ridicule d'écrire ça : " demain, Elsa Triolet aurait eu 113 ans... " ?
Et puis, entre nous, mais seulement entre nous, sans rire, vous avez déjà lu, vous, du Triolet ? De grâce ne venez surtout pas répondre en (me) catapultant un énième copier-coller dans les cases dévolues à vos grains de sel, à vos grains de sable dans le meilleur des cas...
Mais demain, 11 septembre 2009, vous aurez forcément quelques pensées très étranges rien qu'à la seule prononciation de cette date, vous verrez ce que vous verrez... Tenez, si vous êtes dubitatif, faites cet exercice maintenant, chez vous ou au bureau, seul(e) : fermez les yeux, convoquez le silence, et de la voix la plus sépulcrale qui soit répétez ce qui suit en prenant soin de bien détacher toutes les syllabes : ON-ZE-SEP-TEMBRRR...
Demain, 11 septembre 2009, j'invite ardemment les lectrices et les lecteurs de ces Lettres libres qui vivent à Paris, ou qui viendraient à s'y trouver, comme eût dit De Gaulle, oui, je les invite ardemment à déposer une rose rouge encore dans son emballage, de préférence ceint d'un ruban noir, au pied de l'ambassade des Etats-Unis (avenue Gabriel, métro Concorde).
Parce que demain, 11 septembre 2009, il faudra se souvenir de cette date, de cette date sinistre pour la mémoire de toutes les Amériques, et, par extension, de cette date sombre pour Elle, cette Sainte Chérie qui du coup n'en finit plus de découcher...
Oui, demain, 11 septembre 2009, nous nous souviendrons que quelques années plus tôt, jour pour jour, toute une pyramide de financiers, d'industriels et de politiques indignes de la bannière étoilée, en tout cas de ses idéaux constitutionnels, aura téléguidé le suicide de Salvador Allende.