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L'autre est un je(u)...

Bon, les question(naire)s des autres, ça va cinq minutes, surtout quand ils (elles) sont débiles, futiles, inutiles et stériles. N'est-ce pas Ardisson ?
Donc, avec ou sans votre permission, place aux mien(ne)s - je parle évidemment des interrogations qui me taraudent et me triturent les synapses au moment où je lorgne sous la jupe de la Muse de l'Inspiration...
Voici :
- Alors que le caporal-chef Yves Sergent - ça ne s'invente pas... - m'administrait une privauté buccale dans les chiottes du mess des sous-officiers du 150ème Régiment d'Infanterie, naguère sis à Verdun (un soir de juillet 90), pourquoi ai-je pensé " Pourquoi tant de guerres ? ", et pourquoi me suis-je dit, dans le même élan, " Il ne passera pas ! " ?
- Le 9 novembre 1989, je me trouvais à Nancy lorsque j'appris la chute du Mur de Berlin. Le soir venu, je me rendis place Stanislas, incomparable clairière d'or et de pierre, majestueuse et puissante, assise au centre de la cité grouillante. Sans doute, par ce déplacement, voulus-je fêter comme il se doit la fin du Mur de la Honte, entre filles en rut juchées sur des bagnoles et cannettes de bière jonchées sur le sol, à l'instar de ce qui allait se produire quelque neuf années plus tard, ici même, pour célébrer la victoire de nos bleus en coupe du monde de football. Or, à ma grande surprise, je me retrouvai tel un pathétique singleton à faire les cent pas sur les pavés de l'arène déserte et froide. Je me réfugiai donc au Café Le Commerce où je m'enfilai tout un chapelet de " communard " (crème de cassis et vin rouge). Pourquoi, oui, pourquoi en cette sainte journée fus-je tout seul à me bourrer la gueule ?
- Pourquoi, parmi les adversaires et/ou les contestataires des évangiles, on en trouve tant et plus pour professer que " Dieu est mort " alors que c'est précisément ce qu'affirme le Nouveau Testament ? Faudrait-il qu'eux aussi, les adversaires et/ou les contestataires de la Bonne Nouvelle fassent leurs trois jours - en tout cas, moi, ces putains de trois jours je les ai faits consciencieusement, je m'en souviens la peur au ventre, quelques mois avant mon érection en troufion meusien qui, douze mois durant, et tous les matins, rendrait les honneurs à un morceau de tissu rectangulaire, hygiénique et tricolore... ?
- Pourquoi Jésus s'est-il fendu d'un " Pierre tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ", alors que, à ma connaissance, le jeu de mots ne fonctionne que pour les francophones ?
- Pour faire caricatural et court, et peut-être faux sinon mensonger, pourquoi, à droite, sont-ils opposés à l'avortement et favorables à la peine de mort et, à gauche, favorables à l'avortement et opposés à la peine de mort ?
- Pourquoi, semaine après semaine, continué-je de lire assidument Télérama tout en continuant de vanter les bienfaits et les mérites du tourisme vert dans le Périgord noir ou bien dans la Bourgogne romane, alors que je ne n'aime m'envoyer en l'air qu'à la lecture de Télé Star sur les plages de la Côte d'Azur, tout en bouffant des beignets suintant l'huile de friture ?
- Pourquoi la francisque de François Mitterrand et son " amitié " avec René Bousquet ne m'ont pas plus choqué que le " Casse-toi, pauvre con ! " de l'autre andouille et que l'affectation de l'inénarrable Hortefeux place Beauveau, alors que, dans ma vraie vie, c'est absolument et définitivement l'inverse ?
- Pourquoi argue-t-on que la grande comédie mondiale est orchestrée par la distribution trinitaire Dieu-Argent-Sexe, alors que, chacun le sait, elle est en fait mise en scène par la course au remplissage du frigo, et, quand tout va bien, par la course au remplissage de l'estomac ?
- Pourquoi, planté devant mon téléviseur, peu après le départ d'un grand prix de Formule 1, j'éteins ledit téléviseur si, dans la minute qui suit, son écran ne daigne pas offrir à la grosse merde avachie que je suis un tas de tôle qui fume et des hommes en blanc qui accourent avec un brancard ?
- Pourquoi, toutes les fois que quelqu'un a mal, lui demande-t-on si ça va ?
- Pourquoi continué-je de lire La république des livres - quel intitulé ridicule ! -, le blog de Pierre Assouline, alors que je ne goûte que modérément Wikipédia, YouTube, sans parler de ces quelques boudiné(e)s du bulbe qui causent sans avoir lu ?
- Pourquoi je m'astreins à entretenir ces Lettres libres alors que la nature est si belle et que la vie est forcément ailleurs ?
- Pourquoi je me retourne si souvent dans la rue à la moindre émission sonore d'une paire de chaussures à talon aiguille qui claque sur le trottoir, et jamais - quoique... - lorsque je devine un parent qui claque son enfant ?
- Et aussi et surtout, pourquoi a-t-on fait la sourde oreille quand le Roi Arthur a professé son " Je est un autre " alors que le Système a ouvert en grand les portes philosophiques (et germanopratines) pour que cet idiot de Sartre sorte en majorette avec son " L'enfer, c'est les autres " ?
Toutes les réponses sont évidemment permises, même si toutes ne conviendront pas...
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