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Des racines et des ailes...

Par Le Taulier :: lundi 23 novembre 2009 - 19:55 :: 02. Novembre 2009




   C'est toujours pareil : ça finit toujours par se parer de fleurs, de fruits et de feuilles.
   Alors moi, " lorsque reparaissent les beaux jours, je mets mon chapeau et je m'en vais." (D'après Paul Léautaud.)
   Du printemps et de l'été, le Système en parle comme du retour de la vie ou bien du retour à la vie.Tu parles...
   Que voulez-vous, je suis un (é)lecteur vicieux : quand je rencontre Une saison en enfer, d'instinct je me projette dans Trois saisons au paradis.

   Je crois en l'existence et en l'utilité sacrée des racines, mais je sais que les racines ne soutiennent que les espèces immobiles, aussi bien mon arbre généalogique s'étend sur toute la surface du globe, jusque dans les  déserts sablés et les prairies glacées et sous les eaux salées, et mon identité ne trouve son sens et son essence qu'au-delà des frontières de mon territoire déjà en jachère ; je crois en la permanence de la sève ; je ne crois pas en la mort qui se fait passer pour la mort.


   L'autre jour, sous le houppier de mon bouleau, debout dans le fût, tel un héros tragique le couteau à la main, j'ai gravé le mot immortalité dans l'écorce puis j'ai sauté jusqu'à la cime et j'ai volé...


Christophe Borhen


Commentaires
Le lundi 23 novembre 2009 - 20:37, par C. Watson -
C'est toujours pareil... C'est vrai, "éternel recommencement". C'est pour ça que l'Ecclésiaste m'est tombé des mains.
Je ne crois pas non plus à cette mort qui se fait passer pour la mort, définitive. Irrémédiable, oui. Rien d'original. Mais enfin, si l'on devait toujours attendre la rareté...
Et combien de bourgeons et combien de racines brûlés dans l'âtre pour que l'hiver renaisse de décembre ? L'immortalité, pfff. On ne sera pas là pour en juger. Et voilà que Molière ou Shakespeare doivent bien rigoler... Et ce montage photo est aussi beau que la barque solaire de Guizeh.
Le lundi 23 novembre 2009 - 20:42, par la bacchante -
Des feuilles le corps dissimulerait...
Le lundi 23 novembre 2009 - 20:57, par C. Watson -
Il manque deux saisons, Christophe, à votre décompte pour faire un très beau film.
Le lundi 23 novembre 2009 - 21:12, par Cactus -
Auprès de cet arbre , j'aurais vécu plus heureux encore , photo magique que l'on aimerait tant non truquée mais la vie n'est-elle pas une tricherie sans faim ? ( C.Watson , connaissez-vous l'affiche du film de Mocky , " les saisons du plaisir" ? )
( pour moi , le bouleau est un des arbres les plus beaux à condition d'éviter le bouleau pleureur même si fin et élégant )
Le lundi 23 novembre 2009 - 21:27, par C. Watson -
Oserais-je cette inepte ineptie : l'immortalité de son vivant, à part chez les 40, je ne la vois pas. Vous savez qu'au Père Lachaise, les visiteurs volent les fleurs aux mortels pour les déposer sournoisement ailleurs, chez les "célèbres", forts de leur envie de laisser des traces, mais les doigts crochus agrippés au porte-monnaie ? On en est tous là à vouloir laisser sa trace. L'imminence probable de la chose ne fait qu'ajouter à son caractère inéluctable.
C'est pour ça que les cultes funéraires des Anciens Egyptiens, je pense (je ne suis pas très renseignée sur d'autres formes de religion) a marqué mon esprit. J'ai arpenté pendant 8 ans les allées de Guizeh, de Karnak, Louxor, Abbydos et Denderah. Il n'y a rien de plus doux que de filer le Nil, aux sons des muezzins, entendre, même dans la cohue des bateaux, ce souffle de l'éternité. Eternité et immortalité, c'est pareil. Il suffit que quelqu'un, un jour, dans mille ans, prononce votre nom pour que les cartes se redistribuent et que la partie continue.
Le lundi 23 novembre 2009 - 21:34, par C. Watson -
Cher Cactus, je connais, au Père-Lachaise et pardon pour la répétition, une sépulture à l'ombre des bouleaux : celle de Signoret et Montand. Ils ont acheté deux emplacements : d'un côté, il y a un monument et de l'autre, replantés là, des bouleaux de leur jardin qui veillent sur eux. Mais pour moi, les bouleaux ça reste une terrible image de Quand passe les cigognes. Ces forêts sous la neige et se mouvement de caméra vertigineux. J'arrête là, nous allons digresser.
Le lundi 23 novembre 2009 - 21:36, par Sophie K. -
Il faut toujours se méfier des célébrations, finalement. Elles ne font qu'enterrer plus profondément ce qui l'est déjà, déposer des fleurs sur des cendres, et fêter l'arriver de ce qui a toujours été là.
Très beau texte, et photo étonnante.
Le lundi 23 novembre 2009 - 21:36, par Sophie K. -
* l'arrivée, scusi.
Le lundi 23 novembre 2009 - 21:49, par Claire -
Belle inspiration, en tout cas, pour vous souffler une telle allégorie (avec deux ailes) !
Le lundi 23 novembre 2009 - 21:51, par C. Watson -
* et "ce", scusi, Sophie. les doigts courent et les doigts gourds ! C'est bien les plumes et les stylos, ça oblige à moins d'emportement ! Mais il est vrai que cette fenêtre est une lucarne, et le caractère trop petit pour mes yeux.
Le lundi 23 novembre 2009 - 22:27, par C. Watson -
Il faut savoir, juste d'un petit coup de cul, subrepticement, se soustraire au System. Aller dormir, pour mieux s'éveiller.
Le lundi 23 novembre 2009 - 22:43, par Vinosse -
Ah! Belle Boulotte, je vous pèlerais bien le tronc...

Avant qu'il ne parchemine...

Ou alors:

Que fais-tu là, Bétula -a !!!

Ou plutôt:

Tssi! Mon canotte !
Le lundi 23 novembre 2009 - 22:47, par mon chien aussi -
Les racines, bof... le bouleau est un arbre prétentieux... la mort n'existe pas... et la sagesse est un leurre pour attraper les rats... Mais quel leurre est-il ?... Ça !...
Le lundi 23 novembre 2009 - 22:53, par petite racine -
Les racines ne soutiennent que les espèces immobiles, dites-vous. Et que faites vous des rejets? Ils se déplacent, ils se projettent. Ils s'en vont croitre un peu plus loin pour que l'oiseau fatigué se pose. Ainsi, il aura cru faire un long voyage. (une lecture entre les lignes)
Le lundi 23 novembre 2009 - 23:31, par Coumarine -
"Je ne crois pas en la mort qui se fait passer pour la mort."
ah oui! ah oui!
moi non plus
mais comme c'est bien dit!
Le lundi 23 novembre 2009 - 23:55, par claire -
C'est une martyre votre bouleau ? Elle a les bras en croix et a le ventre ouvert... croit-elle en la vie qui se fait passer pour la vie ? croit-elle ou ne croit-elle pas ('ça' c'est pas mal pour rejoindre les champions des mots) croît -elle ou ne croît-elle pas et puis croark, coark, fit la grenouille ...
Le lundi 23 novembre 2009 - 23:55, par Zoë -
Alors, on joue à pigeon vole ici et on se permet de féminiser un arbre pour mieux le scarifier! C'est grave Monsieur Borhen, vous me copierez cent fois "Il est interdit de faire passer la mort pour la mort" et vous remettrez les Racines et les ailes là où vous les avez empruntées
Le mardi 24 novembre 2009 - 06:37, par JEA -
"mon arbre généalogique s'étend sur toute la surface du globe, jusque dans les déserts sablés et les prairies glacées et sous les eaux salées..."
et dans les cieux aux nuages les plus cendrés
Le mardi 24 novembre 2009 - 07:45, par ramses -
@ C. Watson
Au risque de vous décevoir, dans mille ans, les Pharaons se seront tus à jamais, de Guizeh à Louxor... Le sable aura tout recouvert, à jamais.
Dernière farce de Montand reposant à côté de Signoret, lui imposant son exhumation pour cause de paternité non assumée... Même au delà de la mort, il ne lui aura rien épargné.
Le mardi 24 novembre 2009 - 07:52, par Vinosse -
Ici comme ailleurs, dès qu'on essaie la botanique, y'a plus personne!

Et pourtant que de feuilles et de branches et de petites fleurs dans la métaphore de tout un chacun!

Et pourtant si nombreux sont ceux qui prétendent avoir fait "latin"...

Miserere Seigneur...
Le mardi 24 novembre 2009 - 09:01, par mon chien aussi -
"Alléluia pour une femme-jardin"
Le mardi 24 novembre 2009 - 09:02, par La Méduse -
Christophe, waouh......quel poème!
Le mardi 24 novembre 2009 - 09:12, par Cactus -
on est trop amer , Vinosse , c'est pour ça !
Le mardi 24 novembre 2009 - 09:34, par Dominique Hasselmann -
Comme cet autre Résistant qui portait une veste de cuir, tu as enlacé les racines du ciel.
Le mardi 24 novembre 2009 - 09:35, par mon chien aussi -
Nique l'amer...
L'homme et la femme méritent la joie et l'oubli.
Le reste du verbiage.
Le mardi 24 novembre 2009 - 10:07, par NLR -
Voilà, donc, où vont mourir les oiseaux... je me disais bien !... Parmi les labyrinthes d'ailes et les chants... Retour à l'origine.
Le mardi 24 novembre 2009 - 10:17, par catherine L -
je pense que vous clouez le bec à un certain ministre....tiens je vous invite chez moi;)))))
Le mardi 24 novembre 2009 - 10:59, par PhA -
Une Héliade ?

Et, toutes surprises encore de ce prodige, voici que l’écorce entoure leurs flancs et gra­duellement leur enveloppe le ventre, la poitrine, les épaules, les mains...
Le mardi 24 novembre 2009 - 11:01, par Cactus -
Bonjour , My Dog !
" nique l'amer " c'est exactement ce que je signifiais au " botanique" ....amer de Vinosse !
Bonjour !
Le mardi 24 novembre 2009 - 11:58, par Vinosse -
Vous êtes compliqués les gars....
Le mardi 24 novembre 2009 - 15:00, par mon chien aussi -
Vinosse, c'est toi qui dis ça ?...
Le mardi 24 novembre 2009 - 15:21, par Anna de Sandre -
Je suis fascinée par la photo, et je croyais être la seule à aimer le mot "houppier".
Le mardi 24 novembre 2009 - 16:21, par Cactus -
moi c'est le mot "groupie(r) " , mains rouges ou pas , Anna de , que je suis devenu de Christophe !
Sissi !
( et le texte , et le texte , j'ai cru lire Proust ; je suis sérieux )
Le mardi 24 novembre 2009 - 17:27, par Vinosse -
C'est qui qu'a pété ????
Le mardi 24 novembre 2009 - 18:19, par Chr. Borhen -
@ Vinosse < C'est moi : je suis un homme de pet.
Le mardi 24 novembre 2009 - 18:37, par C. Watson -
Et ce n'est pas trop lourd à porter ? Allez, je ressors, il y a trop de vent.
La paix-trolleuse.
Le mardi 24 novembre 2009 - 19:42, par Vinosse -
Cactus: "j'ai cru lire Proust"

J'ai mal interprété!

Moi: "J'ai cru entendre Proust"



Suis pas très en forme ce soir...
Le mardi 24 novembre 2009 - 20:16, par mon chien aussi -
@Vinosse. T'as mal interprété mais t'aurais pu faire une avec Racine, ça s' prêtait, ou avec Malherbe, ou avec le Père Duchesne... donc, Proust, c'est mineur...
Le mardi 24 novembre 2009 - 22:42, par Vinosse -
donc, Proust, c'est mineur...

... de fond?


Auquel je n'adhère pas! (c'est une pantalonnade!)
Le mercredi 25 novembre 2009 - 11:31, par inculte ( un peu moins chaque jour ) -


Sur les visages faiblement éclairés
je n’ai pas besoin du tracé des rides
pour relire notre histoire
Chaque sourire
a valeur et poids de douleur
vécue et terrassée
De cris jamais proférés
afin de désespérer les bourreaux
D’années sans horizon
cousues à d’autres années
pour confectionner le drapeau du retour
De poèmes clandestins
jadis gravés dans la crasse des murs
aujourd’hui déposés entre les mains
des enfants et petits-enfants de l’épreuve
Chaque sourire
a ce pesant d’or
qui fait pencher la balance
du côté de la mémoire ressuscitée.

Abdellatif Laâbi, Écris la vie,
Le mercredi 25 novembre 2009 - 21:42, par Anne B -
"Des racines, des ailes" et de la lumière, de la lumière !

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