Le Taulier
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La France à découvert...
Eh bien oui, je viens de me convertir. Remarquez, ce fut sans douleur aucune dans la mesure où je n'ai rien eu à abjurer... Par souci d'honnêteté intellectuelle, précisons que jamais je n'ai cotisé ni milité pour quelque chapelle, quelque club, quelque loge, quelque parti. Pathétique et pleutre entre tous, je me suis toujours battu seul, et parfois contre moi-même, pas étonnant, dès lors, que ne figure pas le moindre trophée dans ma vitrine de mauvais goût.
Mais voilà, aujourd'hui tout me paraît lent, long et lourd, tout me paraît vaseux et visqueux, et je suis las de marcher à reculons ou à tâtons pour prendre le taureau par les cornes afin de sortir le mouton de Panurge du sable mouvant dans lequel il s'enfonce inexorablement.
Mais sans doute ce con de mouton, et ce con de mouton c'est aussi ma pauvre pomme - cette bestiole qui bêle sans arrêt dans l'attente de la tonte ou de la transhumance, ou de l'abattage allez savoir... -, eût dû dès le début du grand truc cosmoplanétaire être pris et compris dans sa seule " mollesse natale " (Flaubert) - ce que d'aucuns ont assimilé du reste...
C'est dire s'il nous fallait un berger tutélaire, un vrai chef, un nouveau petit père du peuple, qui, avec son bourdon totémique et ses loups domestiqués, sache et veuille nous mener jusqu'aux prés d'herbes grasses, là où la nature (des choses) parvient à faire croire que nous sommes libres, absolument et définitivement libres, en dépit de nos carcasses à laine et à viande marquées et fichées, et en dépit aussi des chiens qui toujours ramènent les étourdi(e)s et les évadé(e)s dans le troupeau, y-compris les moutons noirs et les brebis galeuses - et mon cul ?
Et ce berger, nous l'avons élu... Ouf !
Alors oui, avec cet improbable berger, tout (re)devient possible, et le cheptel ne cesse plus de s'émanciper, et les moutons deviennent de plus en plus appétissants, et les brebis de plus en plus excitantes, et les agneaux de plus en plus en plus doux, et le troupeau de plus en plus obéissant sous la fausse allure de la diversité et le faux passeport de la commune identité - mais le berger est au-dessus de tout ça en son Vercors récupéré puis siliconé...
Et le berger n'y va pas par quatre chemins, croyez-moi, et s'il le faut il est toujours disposé à se jucher sur des échasses pour prendre de la hauteur, voire pour être visionnaire, mais bon...
Tenez, le berger dans ses oeuvres : " La burqua n'a pas sa place en France". (La Chapelle-en-Vercors, jeudi 12 novembre 2009.)
Ah oui, une dernière chose, si vous ne comprenez pas ma conversion, pour tout dire si elle vous déçoit ou vous dégoûte - mais je connais bien mes fréquentations de gauche, elles ont une incroyable faculté, sinon une propension historique, pour se remettre de tout et de son contraire en deux temps trois mouvements, non sans scier la branche sur laquelle elles avaient péniblement pris place... -, n'oubliez surtout pas, avant de rallier ou de réfuter mon nouveau combat, initié - et de quelle manière ! - par mon (notre) élyséen chef suprême, oui, n'hésitez pas avant de déposer votre grain de sel ou de sable à cliquer ici...
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